Infogérance : comment faire mieux ?
D’accord, on arrive à faire "pas si mal". D’abord, dans beaucoup de cas, on évite les effets dramatiques du dumping. On choisit un prestataire vraiment industrialisé, qui sait se comporter en "intégrateur de services". On lui donne des moyens d’appliquer ses méthodes, pour réaliser les transformations indispensables. On prend soin de gérer les évolutions de personnel dans un cadre long terme, en misant sur les formations et les évolutions de postes.
Et, sur la durée, ça ne suffit pas !
Les bases de départ sont bonnes, mais le souffle initial retombe. L’infogérance sombre dans la routine et les chicaneries.
Au pire : on oublie les évolutions, on oublie l’avenir, on ne gère plus que le présent. La méfiance s’installe. On en arrive des fois à co-diriger le quotidien. Situation explosive qui devrait conduire à la rupture…
Pourquoi ? parce qu’il n’y a pas la bonne gouvernance. Et aujourd’hui, cela est largement imputable au client. Il y a quelques années, les prestataires se réjouissaient de cette carence de gouvernance : ils comptaient profiter du brouillard ambiant pour masquer leurs erreurs ou dépassements de tarifs. Maintenant, ils regrettent cette politique courte vue.
La gouvernance d’un contrat d’infogérance, ça coûte très cher. Tout le monde admet que financer la maîtrise d’ouvrage d’un contrat d’infogérance coûte en moyenne " 7 % du montant annuel du contrat". Exemple, pour piloter un contrat de 3 M€, il faut compter 210 000 euros par an.
C’est bien de prévoir de financer ces fonctions essentielles, encore faut-il pouvoir les assurer avec les bonnes équipes, et dès le départ. Il est bien dommage que si souvent les équipes de gouvernance soient mises en place deux ans après le démarrage.
Un de nos prochains posts précisera les fonctions clés de la gouvernance, et les conditions essentielles de succès.
L'intérêt de l'outsourcing est de faire économiser en terme de personnes et de coûts matériel: on a pas à changer les pièces, pas de licence de renouvellement, pas de mise à jour permanente, problème de sécurité, etc. Il en est de même pour le développement délocalisé. Car toutes ces actions requierent de temps, du personnel, de la logistique.
Bref, l'outsourcing dépasse de beaucoup le développement offshore.
Rédigé par : jean-jacques | 15 mai 2006 à 00:48